الفتوحات العربية - الأسلمة - الثورات البربرية - السلالات العربية                                             Conquêtes Arabes - Islamisation -  Révoltes berbères - Dynasties Arabes                         An 5 de l'Hégire - 647 a.p J.C.


Fin du VIIe Siècle

Reconquête par Hassan Ibn Nôomane sous le Calife Abdelmalik 

685/705 


Situation de l'Afrique – La Kahena

  •  Libre enfin, le khalife tourna ses regards vers l’Afrique et se disposa à tirer vengeance de la défaite et de la mort de son lieutenant (OKBA IBN NAFAA EL FIHRI). Après la fuite des Arabes, la révolte s’était répandue de nouveau chez les Berbères : les Aoureba étaient détruits, et chaque tribu prétendait imposer son chef aux autres ; de là des luttes interminables. Dans les derniers temps une sorte d’apaisement s’était produit et les indigènes de l’Ifrikya avaient reconnu l’autorité d’une femme DIHIA ou DAMÏA, fille de TABETA, fils d’ENFAK, reine des DJEROUA (ZENETES) de l’Aurès. Cette femme remarquable appartenait, dit EL-KAIROUANI, à une des plus nobles familles berbères ayant régné en Afrique. « Elle avait trois fils, héritiers du commandement de la tribu et, comme elle les avait élevés sous ses yeux, elle les dirigeait à sa fantaisie et gouvernait, par leur intermédiaire, toute la tribu. Sachant par divination la tournure que chaque affaire importante devait prendre, elle avait fini par obtenir, pour elle-même, le commandement ».
  • Cette prétendue faculté de divination fit donner à DIHIA, par les arabes, le surnom d’EL-KAHENA, (la devineresse). Sa tribu était juive, ainsi que l’affirme Ibn Khaldoun, et il est possible que ce nom de KAHENA, que les Musulmans lui appliquaient, avec un certain mépris, ait été, au contraire, parmi les siens, une qualité quasi sacerdotale. Les relations de la KAHENA avec KOCEÏLA et la part active qu’elle prit à la conspiration qui se dénoua à TEHOUDA, sont affirmées par les auteurs.
  • Après la mort de KOCEILA, un grand nombre de Berbères se joignirent à elle, dans ses retraites fortifiées de l’Aurès. Ainsi le drapeau de l’indépendance berbère avait été relevé par une femme qui avait su rallier les forces éparses de ce peuple, calmer les rivalités et imposer son autorité même aux Grecs. La situation avait donc changé de face en Berbérie et les Arabes allaient en faire l’épreuve.

  (Histoire de l’Afrique septentrionale – Berbérie – Depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française 1830 – Ernest MERCIER – Tome Premier – 1888 – Pages 212-216).