الهيمنـــــــــــة البيزنطيــــــــــــــــــــة 534/647م                                  Domination Byzantine 534 a.p J.C. / 647 a.p J.C.


                                            Révolte de la tribu des Louata "AEVAOI"


  • Sergius, neveu de Solomon, commandait en sous-ordre la province de Tripolitaine. Les Louata (AEVAOI), nomades de la région voisine du désert, étaient inscrits parmi les fédérés de l’Empire et touchaient eux aussi, ne cherchaient que trahison et pillage. Un jour, ils se présentèrent en armes devant Leptis, capitale de la province, pour traiter, disaient-ils, de la paix sur de nouvelles bases. Sergius, fort inquiet, laissa pénétrer 80 d’entre-deux dans la ville, et leur offrit un banquet. A la fin de ce repas ; ils lui présentèrent leurs réclamations avec tant d’insolence, qu’il voulut quitter la salle. L’un d’eux s’y opposa et le saisit par son vêtement. Indigné, un des gardes de Sergius abattit le berbère d’un coup d’épée, et donna ainsi involontairement le signal d’un massacre général.
  • Les Louata, furieux, prirent aussitôt les armes, ravagèrent affreusement les campagnes, détruisirent les troupes de Sergius, le refoulèrent dans sa capitale, et se répandirent comme une bande de loups sur le BYZACIUM, qu’ils mirent à leur tour à feu à sa sang. A leur approche, Antalas leva le masque et se mit à leur tête pour piller la province.
  • Solomon se porta sur l’ennemi, en appelant à lui Coutzinas, chef des Mastrakes et commandant des indigènes fédérés de l’ouest, ainsi que le duc de la Tripolitaine, Pelagius. Le rendez-vous était à Theveste, boulevard militaire de l’Empire vers le Sud-ouest.
  • Pelagius accourut à ses ordres ; mais, serré de près par les Mécales (Maghila), tribu de la Tripolitaine, il se laissa prendre dans une embuscade et périt avec tous les siens. Coutzinas, de son côté, fut aussi battu en route, et n’arriva auprès de Solomon qu’avec de faibles débris de sa troupe. Obligé de livrer  bataille avec des forces irrégulières, Solomon fut encore abandonné pendant le combat par un de ses lieutenants. Cette trahison amena sa défaite et sa mort.
  • Les chefs qui lui succédèrent ne firent guère que se disputer le pouvoir, en s’appuyant secrètement sur les indigènes mêmes qu’ils avaient mission de combattre. Après de graves incidents, un officier vandale, nommé Gonthariethe, auquel une émeute militaire avait donné le commandement de Carthage et qui s’y était rendu à demi indépendant de l’Empire, fut tué en trahison par son lieutenant Artaban, qui rendit Carthage au gouvernement impérial. Ce fut alors que Jean Troglita fut envoyé en Afrique, comme maître des milices, avec une petite armée. C’était au moyen de ces faibles troupes qu’il lui fallait reconquérir l’Afrique sur une immense quantité de rebelles romains et indigènes, qui, en ce moment, profitant de ces rivalités, en étaient arrivés à bloquer Carthage.
  • Il lui fallait d’abord dégager la capitale. Jean, organisa aussitôt une armée. A la tête de la petite troupe qu’il avait amenée d’Europe, jointe aux débris de l’ancienne armée et aux milices de la province, il se porta hors de la ville jusqu’au camp Antonien, champ de bataille situé non loin des faubourg et témoin jadis de la défaite de Gordien II par Capellen. Là, Jean rencontra l’armée des indigènes, commandée par Antalas et aussi Jerna, grand prêtre et chef suprême des peuples Louata.
  • Les berbères s’étaient rangée en bataille et de plus selon une tactique qui leur était familière, ils s’étaient, en cas d’insuccès, ménagé un réduit dans une enceinte carrée, formée par plusieurs rangs de chameaux et de bêtes de sommes. Ces précautions pourtant ne les sauvèrent pas d’une défaite complète. Jerna même, en essayant de sauver du pillage l’idole adorée par ses peuples, s’attarda dans la déroute, et fut tué, en fuyant, par un cavalier romain. Toute cette immense armée, qui inondait la Proconsulaire et la Byzacène se dispersa d’un seul coup, et s’écoula hors des frontières, comme la marée quitte une grève aux heures du reflux.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  (Revue africaine – Volume 20 – Année 1876 – Pages 295-296)