غـــــــزوات الونـــــدل 429/534م                                         Invasions Vandales - 429 a.p J.C. / 534 a.p J.C.


          Situation de la ville de Théveste lors du découpage de l'Afrique par Genséric


  • Théodose s’étant réconcilié avec Genséric, il fallut bien que Valentinien en fit autant. Il ne pouvait pas, comme l’autre empereur, mettre en mer des flottes de onze cents vaisseaux de transport ; il n’avait pas même les navires nécessaires pour protéger les côtes de l’Italie et de la Sicile contre les courses de pirates ; et pourtant il ne pouvait pas dire que de ces deux pays : ils sont à moi. Les Gaules et l’Espagne étant depuis longtemps plutôt une charge qu’une ressource pour son empire. Par la paix qui intervint entre Valentinien et Genséric, l’un devint à peu près maître du territoire que l’autre avait possédé auparavant en Afrique. Le roi vandale obtint les terres comprises entre la mer et la petite Syrte, et les villes de Theveste (aujourd'hui Tefas), de Sicca Veneria (huit lieues Nord-ouest du Kef) et de Vacca (aujourd'hui Vegia) ; et Valentinien, les trois Maurétanies, et la partie de la Numidie qui est située à l’Ouest de ces trois villes. L’empereur romain reste en outre possesseur de la Tripolitaine.
  • Je viens de m’exprimer de telle manière qu’on pourrait croire que les auteurs anciens ont déterminé eux-mêmes les limites du territoire de Genséric et de Valentinien, telles qu’elles furent fixées par le traité de paix fait en 442. Cela n’a pourtant été fait dans aucun écrit contemporain. Prosper se borne à dire :           « L’Afrique fut partagée entre GENSERIC et VALENTINIEN » Victor dit « Genséric garde pour lui les provinces de la Byzacène, Maurétanies de Sitifis et de Césarée, sans lui céder en même temps la Maurétanie Tingitane ? Ainsi Valentinien obtint dans la paix de 442 les trois Maurétanies et une partie de la Numidie.
  • Mais où finissait cette partie à l’Est ? Valentinien s’exprime dans ses nouvelles de manière qu’on ne peut s’empêcher de croire qu’il resta maître de presque toute la Numidie, et effectivement ce pays lui resta presque en entier.  
  • Mais, pour le démontrer, il faut d’abord fixer la possession de la province d’ Abaritane, que Victor compte parmi celles que Genséric se réserva, lorsqu’il partagea entre ses sujets et lui les pays qu’il venait de conquérir. Dans la notice des évêques de l’Afrique et dans le synode carthaginois de l’an 411, il est question de trois villes appelées, l’une ABBIR MAJUS ou ABBIR GERMANICIANA ; l’autre, ABBIR MINUS ; et la troisième, OPPIDUM ABORENSE. Cette dernière, connue de Pline, était située, comme les deux autres, sur les confins de la province proconsulaire et de la Numidie. Pour ce qui est d’ ABBIR MINUS, nous ne connaissons cet endroit que par la notice épiscopale et par des conciles africains ; mais ABBIR GERMANICIANA est citée par le géographe de Ravenne sous le nom de GERMANA, et par Antonin sous celui d’ AD GERMANI, et ces deux auteurs la placent dans le voisinage de Theveste. C’est donc jusque-là que les possessions de Genséric s’étendaient, la province d’Abaritane n’étant autre chose que le territoire où furent situées les villes d’ ABBIR MAJUS et d’ ABBIR MINUS, l’ OPPIDUM ABORENSE et VACCA (Aujourd'hui Vegia), faisant déjà partie des états de Valentinien.
  • (Invasions des Vandales – depuis leur première apparition sur la scène historique jusqu'à la destruction de leur empire en Afrique – Par Louis MAROUA – 1836 – Pages 166-169)